Catégorie : Saison 05

Un match, deux visions : tout ça pour ça !!!

Un article sponsorisé par la Gnome-Com. rédigé par Bob et Romu

Prologue

Mordicus Circus

— Driiiinnnngggg !!!!! Drinnnnnngggg !!!! Drinnnnnnngneuh !!!!!!, insista le gnome. Désolé, il ne répond pas

— Insistez, encore, c’est important.

Le Gnome-Com insista, encore : 

— DRRRRRRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNG !!!

Le coach Bob ouvra un oeil et senti l’haleine du gnome qui se situait à 5 cm de son visage

— Qu’est ce que qui ??? Vous êtes quoi ?

— J’ai un appel pour vous, c’est important qu’ils disent, répliqua le gnome

Le Gnome déglutit et se mit à parler avec une autre voix. Deux pour être plus précis.

Le système  des Gnome-Com est une invention révolutionnaire qui va… révolutionner ?… le système de communication dans tout l’empire. Les gnomes sont de drôles de petits êtres qui ont la particularité d’imiter les voix tout en étant sensibles aux courtes ondes. Ils peuvent ainsi par un système de relais et de câblage, dont je ne préfère pas vous donner les détails par décence, transporter des conversations à travers tout l’Empire. 

Diantre mais “que va devenir La Guilde des Pigeons Messagers” allez vous me dire. N’ayez crainte, le tarif d’un Gnome-Com reste encore bien trop élevé pour que la masse du peuple puisse en profiter. C’est que ça mange un gnome. Et si jamais cela devait se populariser, elle deviendrait la Guilde des Pigeons Cuisinés. 

— Bob, c’est Greg… dit Greg. (Jusqu’ici, ça fonctionne bien. Le réseau est bon.)

— Et Manu, tu nous entends bien ? C’est marrant toute cette nouvelle technologie…

— Si tu pouvais ne pas toucher le gnome… gronda Greg. 

Bob ouvrit l’autre œil : 

— Mouais… Qu’est ce que vous voulez ?”

Greg reprit la parole :

— Y’a un joueur de la D2 qui s’est désisté. Alors avec Manu, on s’est dit que tu pourrais éventuellement, si le cœur t’en dis, c’est toi qui décide, on t’en voudras pas … mais quand même un peu… faire jouer le Mordicus Circus contre Les Rain Forest de Romu. C’est serait un match de barrage qui te permettrait de reprendre ta place en D2.

Manu rajouta :  » …ou pas ! »

Le gnome marmonna quelque chose avec la voix de Greg. Puis celle de Manu, puis celle de Greg… 

Sans trop savoir si c’était le soleil de 15h ou de les entendre se chamailler, Bob se senti faiblir et referma ses deux yeux. Il répondit :

— Je m’en fous.

Le gnome s’arrêta de marmonner et d’une voix double s’exclama :

— Super, on organise tout ça.

— Encore heureux !!! ronchona Bob.

Le gnome se raccrocha. Bob se rendormit.

Rain Forest

J’avais raccompagné les amazones des Rain Forest United nuitamment jusqu’aux quais interminables de Marienbourg (une sacrée trotte depuis la Châtaigne). À présent que la malédiction qui pesait sur leur tribu était enfin levée, plus rien ne les retenaient dans le Vieux Monde. La silhouette du vaisseau se découpait à la faible lueur des étoiles. Il avait été armé pour leur retour : la Belle Vaillante, vieux rafiot mais nouvel équipage.

Je me tournai vers la vieille Chamane (apothicaire d’une saison) et son fils George (de la jungle) :

— Je suppose que c’est ici que l’on se q…

Et puis, soudin ! Un Gnome… avec un fil qui lui sortait du … O mon dieu !!!… et serpentait aussi loin que l’obscurité me permettait de le distinguer.

— Un appel pour vous, monsieur.

Sans transition, j’entendis de sa bouche la voix des Commissaires Greg et Manu.

— Allô ? Allôôôôô ? Coach Romu, tu nous entends ?

— Heu… bizarrement, oui. Je dois parler où ?

— Comme un coach s’est désisté pour la saison à venir, on a une proposition à te faire : ça te dirait un dernier p’ti match contre le Mordicus Circus pour avoir la chance de monter en Division Briscards et surtout… d’humilier Bob ? On t’avoue que ça nous ferait grandement plaisir…

Jour du match

Le jour du match il faisait grand soleil.  J’étais content de retrouver mon équipe d’horreurs nécromantiques mis en sommeil depuis le mois de mai. 

En face, le coach Romu avait l’air serein et détendu… Agaçant !

Une fois la présentation des équipes faite, le tirage au sort me désigne pour choisir. Sans hésitation, je décide de recevoir.

Au  coup d’envoi, avec lequel je récupère une relance, une amazone lance balle au fond du terrain. Clairement, je prends ça comme une déclaration de guerre. 

Quelques baffes pour démarrer, j’entreprends de passer par le couloir de droite. Un de mes loups ramasse la balle et s’y précipite. Les amazones sont incapables de leur faire face. L’une d’elle cherchant à blesser une ghoul se retrouve à terre. Je suis plutôt en confiance , j’envoie le loup porteur de balle loin derrière les lignes adversaires. Il se retrouve isolé mais je prépare sa garde arrière. Comme il fallait s’y attendre, la défense amazone fait le travail en mettant à terre le loup et en récupérant le ballon. J’envoie alors les deux fantômes dessus qui lui font mordre la poussière. Thelma la Ghoul a le champ libre, elle ramasse le ballon et marque le touchdown.

A présent mon objectif va être de tenir pour éviter la prolongation. 

La deuxième phase démarre mal avec un envahissement de terrain, une ghoul et un zombi se retrouvent sonnés. Nuffle sait ce que je pense de lui. Il m’en faut plus.  Je tiens bon sur les 3 tours restants. 

La deuxième mi-temps sera longue pour mes joueurs.

Je lance le ballon au fond du terrain adverse. Alors qu’une amazone tente de faire le ménage, elle se retrouve à terre. Le ballon est toujours au sol, j’envoie du monde pour mettre la pression. Mais je fais une erreur de placement qui va me donner quelques frayeurs et un long moment de réflexion. Une amazone parvient à ramasser le ballon et se rue avec ses copines du coté laissant vacant par un fantôme. Je me retrouve avec une porteuse de balle protégée par une ligne d’amazones. Je suis mal barré. Je tente. J’envoie le fantôme sur l’amazone en tête de la “cage”. Il la tue. Cela brise sa ligne et surtout son moral :  Romu, ce n’est plus TA joueuse, c’est un zombi à présent !!! Esquive foireuse et passe approximative mettent un terme à l’attaque des amazones. Une ghoul récupère le ballon au tour 13 avec un semblant de cage. La ghoul voit arriver sur elle une jaguar qui la blitze. Elle chute et le ballon se retrouve en bord de touche.

Je tente alors un blocage à “2D contre” avec un Fantôme contre la Jaguar. Tout ce que je veut s’est laisser la place à la Ghoul pour se relever et récupérer la balle. Et c’est exactement ce qui se passe. Ca sécurise  !!!  Le temps d’un tour !

Après des esquives et un blitz, une amazone  parvient à récupérer le ballon et à le lancer à une comparse non loin de la zone d’en but des mordicus. 

Bob lance une charge désespérer d’un loup avec l’aide d’un fantôme, qui réussit. la porteuse de balle est à terre, la ballon aussi. Il reste un tour. Il peut marquer.

Il suffit qu’une amazone la ramasse pour marquer.  Elle esquive, 1 relance 1 : Nuffle sait ce que je pense de lui. La prolongation est évitée et je remporte le match. 

Même si y’avait besoin de se dérouiller c’était un beau match. Romu est un bon adversaire qui manque encore d’expérience et de chance. En tout cas, cela présage une belle saison à venir avec les Mordicus Circus.  J’ai vraiment hâte de les coacher à nouveau.

La saison était finie depuis longtemps, l’herbe du terrain n’était qu’un médiocre tapis de paille séché après ces canicules à répétition… et pourtant, j’étais là campé sur la ligne de touche, fier comme un perroquet, à dispenser mes derniers conseils tactiques aux filles de Lustrie. Pourquoi avaient-elles accepté un dernier match, elles qui n’aspiraient qu’à revoir les rives de leur fleuve Amaxon ? La réponse réside dans le crémeux du guacamole préparé par les Halfings du coin.

De l’autre côté du terrain, Bob et ses joueurs qui ont oublié de bronzer cet été, l’air mystérieux (il arrive super bien à prendre l’air mystérieux). On se salue brièvement de la tête. Sait-il seulement que Greg a misé dix couronnes d’or sur une défaite de ses Horreurs Nécromantiques ?

Les amazones donnent le coup d’envoi. Je les sens confiantes, et ça me donne la patate. Je m’entends encore crier : « c’est pas trop grave si vous ne respectez pas les consignes ». Il suffit d’un tacle sur une goule méchamment raté, le KO d’Anayansi ma meilleure blitzeuse, puis une percée de Loup-Garou au centre avec la balle entre les griffes… pour que je reprenne mes bonnes habitudes en hurlant sur tout le monde de manière extrêmement injuste.

La capitaine amazone, Maya Strong Arm, prit ses responsabilités : un bien beau blitz et une récupération de la balle dans le même mouvement… c’était sans compter les deux fantômes de Bob qui appliquèrent une prise en tenaille en bonne et due forme pour l’envoyer se reposer en position fœtale. Ne restait plus qu’à Telma la goule de ramasser la gonfle et marquer. De frustration, j’écrasai mon ramequin de guacamole sur le pif d’un gob qui passait par-là.

Sur le renvoi, nos supporters décidèrent de mettre le boxon sur le terrain. J’avais fait rentrer la lanceuse remplaçante, mais elle ne brillât pas par son habilité. La balle s’en alla visiter le public, une grosse mêlée débile se forma. Et ce fut la mi-temps.

Mince… les Amazones étaient-elles réellement menées 1 à 0 par le Mordicus Circus de Bob ?

On se ressaisit avec un bon discours de motivation dans les vestiaires : je leur expliquai par A plus B que Bob est l’incarnation maléfique du patriarcat, et voilà mes Amazones on fire !

Ça rigole moins, hein ? Les filles étaient vexées et s’appliquèrent dans leurs placements. Elles reçurent la balle, construisirent intelligemment leur attaque… Et j’ai remarqué dès lors mon équipe fait quelque chose d’intelligent, Nuffle intervient toujours de façon ironique dans nos affaires. Bob semblait en difficulté tactique…quand un de ses fantôme vint placer une manchette à la gorge de la n°7 des Rain Forest United pour l’envoyer directos en mode zombi sur le banc de touche de Bob malgré une intervention remarquée de la Chamane amazone qui rota très fort alors qu’elle pratiquait un massage cardiaque tout aussi énergique que vain.

Je pense que c’est à ce moment qu’on perdit notre concentration. La n°11 des RFU qui portait la balle fit preuve d’impatience et tenta une passe à l’arrache qui se révéla être un échec à la hauteur de la tentative d’éradication de la corruption dans la Ligue de la Châtaigne.

Mes Jaguars et leurs gros muscles entrèrent en action, et j’avoue que j’y croyais encore… jusqu’à voir une goule repousser avec ses bras gros comme un spaghetti ma guerrière de 160 livres. Et ça bastonnait, j’y comprenais plus grand-chose sinon que mes filles parvinrent on-ne-sait-comment à ramasser la balle, réalisèrent esquive sur esquive jusqu’à ce que les deux Piranhas furent lancées dans la course du siècle vers l’en-but du Mordicus Circus, cuir en main.

C’était beau comme un Nain sans poil. Mes joueuses n’étaient plus qu’à quelques coudés de l’égalisation. La foule hurlait de contentement et, pourtant assis au rang le plus haut du stade, j’entendis très distinctement Greg par-dessus tout ce bordel : « Mes dix couronnes d’or ! »

Désolé Greg. Le Loup-Garou des Mordicus Circus décida à ce moment de jouer au héros. Esquive, course, blitz. Ma joueuse s’écrasa la tronche sur le gazon et sa copine ne trouva pas mieux que de glisser alors qu’elle n’avait qu’à récupérer la balle et égaliser. Même Bob avait l’air dépité pour moi… ce qui est la pire chose qui puisse arriver à un coach.

Le reste est anecdotique. Les Rain Forest United avaient perdu le droit de prolonger l’aventure pour une nouvelle saison. Bob fêtait sa victoire en lançant des os à ses Loups-Garous qui rapportaient à leur maî-maître en remuant la queue comme des idiots de clebs. Bref, on était tombé encore plus bas que d’habitude.

Epilogue

Après le match, Bob fêtait la victoire avec ses joueurs qui ont eu pour l’occasion la permission de midi. Un Gnome-Com s’approcha de Bob. Je ne sais pas comment ils font pour marcher avec ce câble qui leur sort du…

— J’ai un appel pour vous, c’est important qu’ils disent, 

— Bob, c’est Manu. Super, bravo pour ton match t’es un champion. On t’adore avec Greg, surtout moi. D’ailleurs il a un truc à t’annoncer.

Le gnome se mit à se chamailler. 

— C’est quoi le truc ? Dites-moi vite !!! interrogea Bob

— Oui vite, parce que c’est douloureux, rajouta le gnome.

Greg reprit la parole

— Tu connais la règle à la con qui dit qu’on peut pas avoir d’équipe identique dans une même division (ho, j’ai réussi à le formuler sans bafouiller, pensa Greg)

— Oui, celle de Manu, précisa Bob

— Voilà !!! Et bien… comme t’es en D2 et que Ben est aussi en D2, et bien…comme il a aussi une équipe d’horreurs nécromantiques… et bien…dis le toi.

— Moi ? Ha non, déjà que je me farcie les autres coachs… J’ai pas le courage avec Bob.

Le gnome sentant que ça allait prendre à nouveau des plombes dit : 

— Tu ne pourras pas jouer les Mordicus Circus, faut que tu trouves une autre équipe.

Depuis la Gnome-Com a rédigé une clause de contrat en cas de dégradation du matériel.

Cinq jours plus tard, à Marienbourg.

— Bon, là c’est la bonne. Je vous souhaite un bon voyage de retour, dis-je à la Chamane.

— T’as pas oublié la recette du guacamole hafling ? me chevrote-elle.

— Nan, j’ai glissé le parchemin dans le pagne de ton fils (en tout bien, tout honneur). Allez, la marée n’attend pas.

Je dois avouer que j’eus un petit pincement au cœur quand les amarres furent rompues. La Belle Vaillante était à peine sortie du port qu’un Gnome-Com se dressait face à moi.

— Un appel pour vous, monsieur…

D’un geste, je l’intimai de se taire et refusai la communication. Je savais pertinemment que c’était Greg à l’autre bout du fil.

La Châtaigne est sacrée : les Chevaliers de la Nuit remportent la Vème Ligue de la Châtaigne !


Une année entière de combats, de plaquages meurtriers, de rebonds improbables et de décisions arbitrales discutables avait conduit à cet instant. Vingt-quatre équipes avaient rêvé de soulever le prestigieux trophée de la Ligue de la Châtaigne. Seules deux étaient
encore debout.


D’un côté, les Chevaliers de la Nuit, fiers représentants de la Noblesse Impériale, guidés par leur coach Omaha. Leur parcours avait été exemplaire : après avoir terrassé les valeureux Spikes Peak en quart de finale, ils avaient dominé les redoutables Corsaires Flotteurs de Summerisle en demi-finale.
De l’autre, les Brasiers Noirs, terribles Nains du Chaos menés par Khimar. Eux aussi avaienttraversé un chemin semé d’embûches, éliminant successivement les Reikland Reavers d’Helmut puis les Charming Princes de Marius.
Le ciel, exceptionnellement clément pour un jour de Blood Bowl, offrait un soleil radieux. Les tribunes, elles, étaient tout sauf calmes.


Un ogre, arrivé un peu en retard, s’installa sans regarder… directement sur un pauvre gobelin qui disparut entièrement sous plusieurs centaines de kilos de viande et de mauvaise humeur. Il fallut attendre qu’un vendeur de bière lui fasse remarquer que son siège couinait pour que l’ogre se relève, révélant un gobelin parfaitement aplati mais toujours
vivant.
Quelques rangées plus loin, un Pourri de Nurgle avait trouvé une excellente place… avant que deux rangées entières de spectateurs ne préfèrent fuir son parfum pestilentiel plutôt que d’assister à la finale.
Quant au troll installé près des buvettes, il semblait beaucoup plus intéressé par le vendeur de saucisses que par les saucisses elles-mêmes. Le pauvre marchand passa tout le match à garder une distance très respectable.
L’ambiance était indescriptible. Les chants résonnaient dans tout le stade. Les tambours frappaient comme des canons. Chaque supporter était persuadé que son équipe allait écrire l’Histoire.
Le coup d’envoi était donné.


Les Brasiers Noirs bottaient profondément dans le camp adverse et les Chevaliers de la Nuit s’élançaient à l’assaut.
Très vite pourtant, les deux équipes comprirent qu’un nouvel adversaire s’était invité sur le terrain.
Durant la nuit, des taupes avaient décidé d’élire domicile sous la pelouse. Partout s’ouvraientdes trous traîtres capables d’envoyer le plus agile des joueurs embrasser le gazon.
Chaque course devenait un pari.
Mais les Chevaliers de la Nuit ne se laissèrent pas déconcentrer. Solides sur leurs appuis, disciplinés dans leur progression, ils distribuèrent les coups avec méthode et ouvrirent progressivement une brèche dans la défense des Nains du Chaos.
Puis arriva le moment que tout le stade attendait.
Le Duc de la Châtaigne, véritable héros de l’équipe, franchit la ligne d’en-but et inscrivit le premier touchdown de cette finale.

Quel symbole ! Le joueur portant le nom de la Ligue offrait l’avantage à son équipe dans la plus grande finale de son histoire. 1 à 0 !

L’émotion fut telle que les supporters des Brasiers Noirs décidèrent de se calmer… à leur manière.
Repérant l’arbitre, un gobelin à l’honnêteté approximative (un gobelin quoi…), ils l’attrapèrent et improvisèrent une gigantesque holà en se le passant de bras en bras.
L’expérience fonctionna admirablement…
…jusqu’à ce que la vague dérive.
Le pauvre arbitre fut propulsé hors des tribunes et disparut de l’autre côté du stade dans un cri qui resta longtemps gravé dans les mémoires.
Son remplaçant, absolument ravi que personne ne s’intéresse à lui, lança immédiatement le chronomètre pendant que les vingt-deux joueurs observaient encore le spectacle.
Lorsque chacun réalisa que le temps tournait déjà, les Brasiers Noirs venaient de perdre de précieuses secondes.
Le jeu reprit.


Le botteur des Chevaliers de la Nuit réalisa un chef-d’œuvre de précision. Le ballon termina tout au fond du terrain adverse.
Les Brasiers Noirs n’avaient plus le choix. Ils devaient accélérer.
Un hobgobelin ramassa le ballon. Pour espérer égaliser avant la pause, il devait courir puis réussir une passe.
Mais les taupes n’avaient pas dit leur dernier mot.
Un pied glissa.
Une chute.
Le ballon rebondit follement dans toutes les directions avant de finir sa course au milieu du terrain.
Le lanceur des Chevaliers de la Nuit bondit le premier, s’en empara, leva les yeux et adressa une passe parfaite.
Le Duc de la Châtaigne réceptionna sans ralentir.
Quelques foulées plus tard, il pénétrait une seconde fois dans la zone d’en-but.
2 à 0.
Le stade explosa.
À la mi-temps, les joueurs rejoignirent les vestiaires.
On raconte que personne n’entendit les discours des autres entraîneurs tant les murs tremblaient sous les hurlements de Khimar.
Le coach des Brasiers Noirs promit à ses joueurs un enfer dont même une équipe deKhorne ne voudrait pas.
Lorsque les équipes revinrent sur le terrain, celui-ci avait changé.

Les agents techniques avaient trouvé une solution radicale au problème des taupes : ils avaient rebouché les trous… avec des snotlings ; plus ou moins volontaires.
Le terrain était désormais beaucoup plus stable.
Mais cette fois, la réussite changea de camp.
Le botteur expérimenté des Chevaliers de la Nuit expédia directement le ballon hors du terrain.
Les deux centaures des Brasiers Noirs, idéalement placés sur un couloir, récupérèrent aussitôt la balle.
Omaha avait parié sur la lenteur des Nains du Chaos et avait resserré sa défense au centre, laissant libre les couloirs.
Malheureusement pour lui, les centaures, eux, étaient tout sauf lents.
Un immense boulevard s’ouvrait devant eux.
Les Chevaliers réagirent avec courage et refermèrent la brèche.
Le terrain se transforma aussitôt en champ de bataille.
Les Brasiers Noirs envoyèrent un blitzeur impérial valser dans les tribunes, où les supporters se chargèrent de lui expliquer leur point de vue à grands coups de chopes.
La réponse fut immédiate.
Un des deux centaures connut exactement le même destin et disparut lui aussi dans la foule en colère.
Au milieu de cette mêlée, l’ogre des Chevaliers de la Nuit se retrouva enfin face au centaure porteur du ballon.
Le stade retint son souffle. Le silence se fit.
Puis l’ogre fronça les sourcils.
Regarda autour de lui.
Et oublia complètement pourquoi il était venu.
Le centaure Drazh’kul l’Ecraseur n’attendit pas une seconde de plus.
Il contourna la défense, repiqua plein centre et fila jusqu’à l’en-but.
2 à 1.

Le suspense renaissait.
Il restait encore une demi-mi-temps aux Brasiers Noirs pour arracher l’égalisation et pousser cette finale jusqu’aux prolongations.
Le coup d’envoi suivant offrit immédiatement un blitz aux Brasiers Noirs.
Mais Omaha avait retenu la leçon.
Cette fois, une muraille impériale se dressait devant les Nains du Chaos.
Aucune ouverture.
Aucune faiblesse.
Aucun passage.
La frustration devint telle que le gigantesque Minotaure des Brasiers Noirs en resta figé sur place, incapable de décider qui il devait écraser en premier.

Les Chevaliers récupérèrent le ballon et avancèrent avec un calme « impérial », grignotant les mètres tout en laissant le chronomètre faire son œuvre.
Les deux centaures survivants réussirent bien à mettre la pression sur le porteur de balle et un hobgobelin se glissa même discrètement en position de marquer.
Tout pouvait encore arriver.
Le porteur des Chevaliers conserva pourtant un sang-froid exemplaire malgré la présence menaçante d’un centaure à quelques pas.
Au même instant, les bloqueurs impériaux identifièrent le véritable danger.
Ils se ruèrent sur l’unique hobgobelin démarqué.
L’impact fut monstrueux.
Les deux joueurs s’effondrèrent dans un nuage de poussière.
Le bloqueur se releva difficilement.
L’hobgobelin, lui, resta inconscient.
K.O !
Les Brasiers Noirs n’avaient plus aucun moyen d’inscrire le touchdown égalisateur.
Le coup de sifflet final retentit.
Les Chevaliers de la Nuit remportaient cette cinquième édition de la prestigieuse Ligue de la Châtaigne !
Le stade entier explosa de joie.

Les supporters envahirent presque la pelouse tandis que les bannières impériales flottaient au dessus des tribunes. Les chants couvraient jusqu’aux fanfares. Même le gobelin aplati du début de la rencontre réussit à lever un pouce victorieux depuis sa civière.
Le Duc de la Châtaigne fut porté en triomphe par ses coéquipiers.
Mais cette finale ne serait pas complète sans saluer les vaincus.
Khimar peut être fier de ses Brasiers Noirs. Menés 2 à 0, beaucoup d’équipes auraient baissé les bras. Les siens ont continué à se battre jusqu’à la dernière action, offrant une seconde période haletante et rappelant à tous pourquoi ils méritaient leur place en finale.
La cinquième Ligue de la Châtaigne s’achève donc et Les Chevaliers de la Nuit sont les nouveaux champions.

Chronique Annuelle Officielle – Saison écoulée

(À lire avec recul, bière, ou les deux)

Édito — Une Saison de Plus, Contre Toute Logique

Une fois encore, la saison a eue lieue.
Personne ne sait vraiment comment, mais elle a eue lieue.

Contre l’avis des dés, des agendas surchargés et de certaines équipes manifestement non préparées, l’Union de la Châtaigne a survécu à une nouvelle année de Blood Bowl,
faite de matchs acharnés, de relances mal comprises et de statistiques qui font mal.

On notera que :

  • tous les matchs ont été joués,
  • tous les résultats ont été transmis,
  • et qu’aucune guerre civile n’a été officiellement déclarée.

Un succès, donc.


Sur les Terrains — Du Sang, des Dés, et des Excuses

Cette saison fut marquée par :

  • des touchdowns glorieux,
  • des sorties absolument injustifiées,
  • et des jets de dés dont la légalité morale reste discutable.

Certaines équipes ont dominé.
D’autres ont appris l’humilité.
Quelques-unes découvrent encore aujourd’hui que « Blitz » n’est pas une compétence passive.

On retiendra plusieurs moments forts :

  • des victoires remportées « grâce au talent »,
  • des défaites attribuées exclusivement à Nuffle,
  • et au moins un match décrit comme « serré » … par le perdant.

Les Chiffres — Parce que Quelqu’un a Tout Compté

Grâce au travail acharné (et légèrement obsessionnel) du Maître des Statistiques,
la saison ne s’est pas dissoute dans les souvenirs flous.

Tout a été noté :

  • scores,
  • sorties,
  • classements,
  • et preuves irréfutables que non, cette équipe n’était pas « sur le podium la saison dernière ».

Les chiffres sont formels :

  • certaines équipes progressent,
  • d’autres stagnent,
  • et quelques-unes sont remarquablement constantes… dans la défaite.

Mais souvenons‑nous : les statistiques n’oublient rien et pardonnent encore moins.


L’Arrière Scène — Relances, Relances et Encore Relances

La saison ne fut pas qu’une affaire de terrain.
Elle fut aussi — et surtout — une affaire de rappels.

Relancer les coachs.
Relancer les réponses.
Relancer des gens qui jurent avoir déjà répondu.

Grâce à un travail de l’ombre, discret mais méthodique, les résultats finirent par remonter, parfois accompagnés d’un « Ah oui, désolé » ou d’un « Je fais ça ce soir » historiquement optimiste.

Sans cette vigilance constante :

  • la saison serait encore bloquée sur une journée intermédiaire,
  • et personne ne saurait vraiment qui devait jouer contre qui.

Incidents Techniques et Spirituels

La saison a également connu :

  • des dés clairement en désaccord avec leurs propriétaires,
  • des règles redécouvertes en milieu de match,
  • et au moins un jet où tout le monde a préféré regarder ailleurs.

Aucune table n’a été renversée. Aucun coach n’a quitté la ligue en criant (officiellement).
Un excellent bilan.


Conclusion — On a Remis Ça

Malgré tout ce qui aurait pu empêcher cette saison d’exister, elle a été jouée.
En entier.

L’Union de la Châtaigne prouve encore une fois qu’avec :

  • une idée un peu bancale,
  • une structure qui note tout,
  • et quelqu’un pour rappeler que non, ce n’est toujours pas envoyé,

on peut faire vivre une ligue Blood Bowl, année après année, dans la joie, la douleur… et une quantité raisonnable de mauvaise foi.


Le Torchon

« Sale, imprécis, mais indispensable depuis la fondation. »

Pour en savoir plus sur le fondateurs : Les Fondateurs de l’Union de la Châtaigne