Rain Forest United

- Amazones

Coach Romuald / Romu

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Si tu veux que je t’raconte mon histoire petit freluquet, vas-y-donc nous chercher un pichet de rouquin et deux gobelets… Voilà qui est mieux !

Qui je suis ? Alton Verchulfen, c’est mon nom. Ça en fait des saisons que j’suis bosco sur la Belle Vaillante, et c’est pas peu fier que j’peux t’affirmer que j’ai plusieurs traversées du Grand Océan à mon actif, aussi vrai que mon gobelet est plein à présent. Et oui ! j’les ai vues ces amazones dont t’arrêtes pas de me poser des questions dessus.

Contre une belle somme, elles étaient parvenues à se faire embarquer de nuit sur notre navire. Le second vint alors me trouver : « Garde bien tes marins » qu’il m’prévint. Eh ben ça a pas loupé… malgré qu’elles z’étaient consignées en fond de cale, j’ai deux ou trois curieux qui se dirent que c’était une bonne idée de descendre voir si les filles cherchaient de la compagnie. Y sont jamais remontés. Le cap’taine – pourtant un type courageux et tout – fit comme si que de rien. Alors moi aussi.

De tout le voyage retour à Marienbourg, je ne vis de l’étrange troupe personne sinon, un soir, leur sénile de chaman, toute petite et voûtée, accoudée au bastingage. Moi j’aurais pas osé m’adresser à cette sorcière de peur qu’elle me jette un sort pour faire tomber mes dernières dents, mais c’est elle qui engagea la parlotte. Avec son drôle d’accent rocailleux, elle se débrouillait pas trop mal en Reikspiel. Elle me raconta longtemps les odeurs et les sons de la forêt de Lustrie, ce dont je me contrefoutais comme de ma première chaude-pisse. Et puis son monologue dériva sur cette Cité-Temple que ses frangines avaient pillées une nuit de prise de champignons, et là mon oreille se dressa car les Hommes-Lézards – c’est bien connu – sont bardés de bijoux d’or et de pierres précieuses. Depuis, une sorte de malédiction se serait abattue sur leur royaume.

« La pluie ne vient plus caresser la canopée, la végétation se pare de jaune, le grand fleuve Amaxon a perdu de sa puissance… jusqu’aux pierres du Temple de Kara qui s’effritent. Alors la Sororité a consulté les Anciens… »

La vieille bique ferma les yeux. J’hésitai à me carapater, mais elle les rouvrit soudain et c’est deux émeraudes brillantes et enflammées qui me fixèrent.

« Ils daignèrent s’adresser aux honorables prêtresses en ces termes : « Choisissez les meilleures guerrières ; les plus fortes, les plus rapides, les plus endurantes, les plus braves. Qu’elles traversent l’immensité de la Mer pour gagner un continent étrange et grouillant de vies diverses. Là-bas, elles devront se conformer au rituel du fantasque Nuffle, vivre selon ses codes et pratiquer ses règles. Se battre pour le ballon sacré qui devra être planté sur le sol d’une tribu adverse autant de fois que possible. Préparez un sandwich avant de partir et glissez dans votre sac des sandales cloutées de rechange ». Voilà les mots exacts des Anciens ! »

OK Boomer, que j’m’dis. Et puis elle se tourna vers les étoiles et ça me soulagea de plus avoir son regard de folle braqué sur moi.

« Ils ajoutèrent que nous devions remporter le Trophée de l’Union de la Châtaigne du Blood Bowl pour le rapporter sur notre île. Afin que l’Amazone soit verte à nouveau ! »

Si tu veux, la ridée. Je l’abandonnai à ses pensées pour rejoindre mon hamac. Mais ce qu’elle m’avait bavé cette nuit-là était resté à me trotter dans la caboche. Ces amazones n’étaient certainement pas venues qu’avec leurs pagnes et leurs plumes de perroquets dans le derche, car il en faut des pistoles pour entretenir pareille compagnie dans le Vieux Monde. Entre toi et moi, mon garçon, je suis persuadé que l’or des lézards, maudit ou pas, elles l’ont emporté avec elles. En tout cas depuis j’ai abandonné mon poste pour les suivre partout où qu’elles aillent. Pour dire : je viens même les supporter à chaque match. Si tu acceptes de m’assister, je pourrais devenir riche (et toi un peu moins pauvre). Suffit d’attendre le bon moment…