Auteur/autrice : Romuald

Red is (not) Dead

Hommes-Lézards de toutes les Cités-Temples, unissez-vous !

Les matchs se suivent et se ressemblent pour les amazones des Rain Forest United (RFU pour les intimes). Après le triomphe face à une équipe de Mycelium Paradise décimée, bonne dernière de la division Bleusaille, c’est contre une autre équipe diminuée par les implacables Snotlings de Snot Lives Matter que les guerrières de la jungle s’alignaient ce soir-là : les Crocomuniste du camarade Hydrasil… sans la moitié de ses Saurus.

            Comme à son habitude, plein de morgue et de confiance en lui, le coach Romu entra sur le terrain à la tête de ses joueuses, arborant un magnifique coupe-vent en peau de Kroxigor bleu et coiffé d’une chapka en poil de nez de Chameleon. Insensible à la provocation, le camarade Hydrasil se contentait de lisser avec dédain le pli de son col Mao. Afin d’éviter la déroute, il avait organisé un petit entraînement prolétaire de dernière minute puis fait appel à l’Internationale des Sangs-Froids pour louer les services du champion du peuple Anqi Panqi. Néanmoins, pour les RFU la victoire semblait à porter de mitaine, avec en vue l’ambition de s’installer provisoirement sur le podium de la division.

            Mais c’est Blood Bowl, n’est-ce pas ? Et comme d’habitude, rien ne se passa comme on aurait pu s’y attendre.

            Avec (trop de) nonchalance, les amazones donnèrent le coup d’envoi… qui s’égara dans les gradins. Dès l’entame, Croc’Lénine envoya un bourre-pif à la n°8 des RFU qui l’expédia fissa aux pays des rêves. La réplique fut immédiate, la Jaguar Anayanzin Raining Blood appliqua un point de compression sur la nuque d’un skink journalier qui n’aura joué que 53 secondes dans toute sa carrière, avant qu’une autre amazone ne rejoigne le banc des assommés. Bref, le public était ravi.

            Contre toute attente, l’intensité du match baissa. Les amazones, ces bourgeoises dégénérées, firent preuve d’un relâchement coupable en défense. Il n’en fallait pas plus au kawaï Lez’Poutou pour foncer et ouvrir le score sans coup férir, inscrivant ainsi son 3ème touchdown en 3 matchs ! 1 à 0 pour les Crocomuniste.

            Vexées comme des poux, les RFU gardaient l’espoir d’égaliser avant la pause. C’était sans compter sur la terrible crise d’éco-anxiété qui frappa leur capitaine dès la remise en jeu. La Python Maya Strong Arm ne parvint jamais à ramasser la balle malgré 6 tentatives consécutives ! De rage, une Jaguar propulsa un malheureux skink journalier non syndiqué dans le public qui s’en fit un sac à main.

La Place Rouge était vide

À la mi-temps, la caméra de Cabalvision repéra Jeff Baise-Os parmi les spectateurs. Notre journaliste se précipita auprès du célèbre nécromant (qui habituellement ne quitte jamais sa Sombre Citadelle en Naggaroth) : « les Amazones, c’est un peu grâce à moi ! », déclara-t-il.

            L’équipe Crocomuniste revint sur le terrain avec seulement 7 joueurs. Les spécialistes de comptoir affirmèrent que la profondeur du banc des RFU ferait rapidement la différence. Effectivement, et malgré une belle défense anti-impérialiste d’Anqi Panqi, il ne fallut peu de temps avant que les amazones n’égalisent après une passe contrôlée. Au passage, la Jaguar Atziri se paya le luxe de mettre fin aux fines répliques du Saurus Croc’Lompret en le commotionnant.

            Il restait à peine assez de Lézards pour jouer au Cul-de-Chouette (avec les règles à l’Aquitaine). Les RFU en profitèrent pour placer un blitz agressif en arrière-ligne dès la remise en jeu. Malheureusement, en fonçant la Piranha glissa sur une peau de skink qui avait mué comme la voix d’un adolescent et retomba pile sur le haut du crâne. Nuffle est un sacré galopin.

            La suite fut une mêlée confuse où les Crocomuniste perdirent la balle, Marxigor joua avec sa queue en vain (vous avez l’esprit mal placé) et les amazones s’emparèrent du cuir… mais oublièrent de le transmettre pour la course de la dernière chance. Un vrai foutoir. Du Blood Bowl de débutant comme on l’aime.

            1 partout au coup de sifflet final. Pas de grand soir. Aucune équipe n’avait remporté le Trophée de la Liane d’Or qui se dispute uniquement entre équipes lustriennes. La Lutte des Classes serait remise à un autre jour.

Romuald

Sale Temps pour les Champignons

Il pleuvait beaucoup ce jour-là, heureusement on avait des capuches

C’est avec une équipe gobeline des Mycelium Paradise fortement diminuée après le match d’ouverture perdu (de peu) que le coach Simon s’est présenté face aux fières amazones des Rain Forest United (au quasi complet, elles).
Diminuée Mycelium Paradise ? Et pas qu’un peu : Seaf le Doom Diver et surtout Chad le Fanatic récupéraient de méchantes commotions. Pour compenser, coach Simon choisit d’approcher les arbitres avant le coup d’envoi pour éviter les « erreurs d’appréciations futures » mais son équipe vida aussi le bar de l’ACAV (l’Association des Chiens d’AValanche) sans demander la permission.


Dès le début de ce match de la journée 2, il était clair que Nuffle avait désigné ses favoris et ce n’était certainement pas les peaux vertes. En premier lieu, le ciel s’ouvrit comme la panse d’un Nurgle Rooter pour écraser le terrain sous une averse dantesque qui se prolongera toute la partie. Puis dès le coup d’envoi des amazones, le gobelin désigné à la courte paille pour récupérer la balle cuvait déjà la gnôle ingurgitée sur le banc de touche. Résultat : la Piranha Yatziri « Blue Wind » (aucun rapport avec ses problèmes gastriques) s’engouffra dans la défense avec la grâce d’un de ces elfes horripilants pour subtiliser la vessie de porc avant de franchir la ligne de marque sans rencontrer aucune opposition.

Coach Romu haussa alors les épaules : 1-0, rien n’était joué. C’était juste un petit pas-de-chance pour le coach Simon et ça ne pouvait pas durer. Erreur ! la Poisse (avec une majuscule) ne faisait que prendre place en ronronnant sur les genoux calleux et poilus de coach Simon.

Certes, tout au long du match le bombardier-fou et le minus à la tronçonneuse (astucieusement camouflée dans son caleçon, avec tous les risques que ça comporte) firent chuter de nombreuses amazones un peu trop confiantes, mais sans réellement faire de gros bobos.


Il faut bien avouer que gagner un match sans jamais réussir à se saisir de la balle, c’est moins facile. À force de ne pas tenir la gonfle rendue glissante par la pluie, les gobelins virent les guerrières de Lustrie y poser la main et aggraver la marque juste avant la mi-temps, bien aidées en cela par les deux trolls Edouard et Khil, de grands timides, qui distribuaient à leurs adversaires plus de caresses que de claques (el son tro minionnes lè philles – bave, bave, cœur avec les doigts).

C’est le chant du Psylo qui supplie…

Lueur d’espoir en début de cette 2ème mi-temps pour les gobelins qui, non seulement purent aligner leurs armes secrètes, mais arrivèrent enfin à placer un mouvement intelligent (le mot est fort, avouons-le) en encadrant la porteuse de balle avec les deux gros-bras. Pas de bol, un troll se fit coucher par le revers d’une des gamines de la jungle (elle a dû toucher un nerf), puis – Ô sublime acmé de cette partie ! – Boomer restera dans l’histoire de la division Bleusaille avec son raté majestueux de lancé de bombe au plus mauvais moment pour aboutir à un nouveau touchdown plein d’altruisme des RFU (entre copines on se transmet la balle, c’est normal).


Les Mycelium Paradise allaient-ils sauver l’honneur ? Définitivement non, car pour cela faut-il encore en avoir. Aucun troll ne put lancer de gobelin ce jour-là. Pire, les belles amazones en profitèrent pour enfoncer le clou (et un doublé de Yatziri « Blue Wind »). 4-0 pour les joueuses d’outre-mer.
Alors que retenir de cette rencontre ? Que les gobelins ne savent pas jouer sans tricher (on le savait déjà) ? Que les trolls ont des sentiments ? Un peu tout ça, mais un reporter bien renseigné souligna à Cabale Vision que la vieille soigneuse des Rain Forest United aurait été vue avant le match glisser sous le banc de touche des Mycelium Paradise plusieurs poupées-vaudou percées de multiples aiguilles.


« Mangez-moi ! Mangez-moi ! Mangez-moi ! » chantait encore la foule des supporters lustriens quand le dernier gobelin avait depuis longtemps regagné piteusement les vestiaires.

Romuald.